Retraite annuelle de la province de Colombie
PAIPA BOYACÁ, Colombie – Dans notre recherche constante d’être configurés au Christ et en Christ Sagesse Éternelle et Incarnée, les Missionnaires Montfortains de la province colombienne se sont réunis du 23 au 28 août de cette année pour vivre nos exercices spirituels annuels à la maison de retraite Villa Montfort située à Cumaral Meta, accompagnés du Père Jesús Cucho, SMM, conseiller du gouvernement général, que nous remercions pour sa précieuse compagnie et sa direction de la retraite.
À cette occasion, j’ai eu la grande bénédiction de participer, en tant que novice de la province colombienne, à cette expérience du désert. Avec beaucoup d’affection et après avoir prié et médité devant le Saint-Sacrement, je souhaite partager avec vous un petit aperçu de ce que j’ai appris et vécu durant cette retraite.
Accompagnés du Cantique 14 «LA TENDRESSE DE LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN», écrit par saint Louis-Marie de Montfort, nous entamons une semaine marquée par le silence, la prière et le recueillement. Le point de départ est de prendre conscience que notre vie est un don de Dieu, « tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré
» (Ps 2,3). Sentant que nous sommes enfants de Dieu, nous sommes appelés à embrasser notre dignité en tant que personnes, à comprendre la manifestation de l’amour que le Créateur a placée dans nos vies. Si je ne suis pas capable de concevoir que je suis un enfant de Dieu, il me sera aussi très difficile de comprendre mon frère ; il me sera difficile de former communauté et fraternité ; si je ne parviens pas à être conscient de ma réalité en tant que chrétien et en tant qu’enfant bien-aimé de Dieu, il me sera difficile d’observer sur le visage des autres la vie et l’amour de celui qui nous a créés, qui se manifestent aussi en eux.
Chaque baptisé est appelé à approfondir sa réalité en tant que personne aimée de Dieu. Et sur ce point, la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis (Le Don de la vocation sacerdotale) nous dit dans le n° 11 que « les vocations ecclésiales sont une manifestation des richesses incommensurables du Christ (cf. Eph 3, 8) et doivent donc être valorisées et cultivées avec toute sollicitude pastorale, afin qu’elles puissent s’épanouir et mûrir. »
Nous nous appuyons aussi sur le n° 92 du Ratio ; où il nous parle de l’importance d’une formation intégrale, comprise comme un processus qui engage la personne dans son entièreté, avec tout ce qu’elle est et possède ; cela afin d’atteindre une « solidité intérieure, sans divisions ni dichotomies » ; capable d’unifier son histoire et son affectivité autour du Christ, adoptant un modèle pédagogique qui collabore avec l’action du Saint-Esprit.
Nous pouvons donc nous demander : que devons-nous faire pour pouvoir embrasser notre histoire, avec amour et foi ? À la suite de cette question, le Père Jésus nous a présenté un sujet de grande importance : il nous a parlé d’une « SPIRITUALITÉ DE GUÉRISON » – qui n’est pas la seule issue, mais importante à connaître – cela consiste à introduire de manière expérientielle dans nos vies l’expérience spirituelle de Jésus, en commençant à reconnaître Dieu tel que Jésus le reconnaît, c’est-à-dire comme « Abba » (Mc 14, 36a), ce mot qui en araméen sonne « papa». Suivant le texte, il dit : « Tout est possible pour vous » (Mc 14, 36b). Jésus montre un signe de proximité et de confiance envers le Père. C’est cet abandon auquel nous devons atteindre en tant que vrais baptisés, sans oublier que Jésus se montre à nous comme une sortie, une lumière à nos problèmes, sans nous n’accuser ni nous faire culpabiliser pour nos blessures ; pour Jésus, l’important est de guérir et d’apporter un soulagement à ceux qui souffrent. (Jn 9,1-7).
Il est nécessaire de savoir que le processus de guérison nécessite du temps et de la persévérance quotidienne, entrant dans la prière de silence et d’abandon à Dieu; profitant des moments de solitude comme signe de la voix de Dieu qui nous parle au milieu de ce silence, guérissant notre vie et notre histoire, chaque jour ; vivant avec un cœur rempli de gratitude, reconnaissant l’action de Dieu comme un signe d’amour pour nous, s’abaissant dans l’humilité ; comme un petit enfant qui, avec simplicité, s’adresse à son père pour demander quelque chose, faire en sorte que la réponse positive en notre être génère de l’étonnement quand nous nous sentons renouvelés et transformés par Lui. Enfin, souvenez-vous que, pour vivre un véritable processus de guérison, il est nécessaire de nous détacher non seulement du matériel, mais aussi de l’ego qui peut nous consumer et nous conduire à l’égoïsme et à la cupidité ; nous détacher des complexes de culpabilité qui nous poussent souvent à nous sentir inférieurs aux autres, portant des fardeaux qui ne nous correspondent pas et oubliant que Dieu nous aime, que nous sommes capables de grandir et d’être de meilleurs êtres humains chaque jour. Le détachement bien compris signifie liberté, liberté intérieure, c’est-à-dire la quête de la pureté intérieure.
Nous avons vécu beaucoup de choses lors des Retraites, mais c’est ce qui m’a le plus marquée et c’est pourquoi je voulais partager cela de manière simple avec vous.
Harold Stiven Medina Castillo
Novice montfortain
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