Un temps sabbatique dans les Hauts lieux montfortains
PONTCHÂTEAU, France – Nous partageons avec gratitude le témoignage du Père Amílcar José Alves Tavares, SMM, de la Délégation générale portugaise, qui relate son année sabbatique passée dans les communautés montfortaines de France. Ce fut une expérience de formation continue, de vie communautaire et d’immersion aux racines du charisme montfortain, vécue comme un véritable temps de grâce.
Temps de grâce au cœur des Hauts Lieux Montfortains
Une année sabbatique est généralement consacrée à un approfondissement théologique et spirituel dans une Université ou un Institut catholique. Lorsque j’ai officiellement demandé à l’Administration Générale une telle année, conformément aux orientations du dernier Chapitre Général qui appelait à valoriser la formation continue des missionnaires, on m’a été suggéré de la passer en France, dans l’un des lieux importants de la vie de Saint-Louis-de-Montfort.
J’ai accepté cette proposition qui m’a permis d’entrer en contact avec un autre pays, une autre langue, en vivant dans une communauté très internationale et inter-congrégationnelle, constituée par la Famille Montfortaine: les Filles de la Sagesse, les Frères de Saint-Gabriel et les Missionnaires Montfortains, plus précisément dans la ville de Pontchâteau, 11.500 habitants, dans le département de la Loire Atlantique ; cette communauté est chargée de l’animation spirituelle de la paroisse Sainte-Croix-de-Montfort et du sanctuaire du Calvaire de Pontchâteau. Le recteur du sanctuaire est le P. Santino BREMBILLA, SMM, supérieur général émérite SMM. Je lui suis reconnaissant de m’avoir ouvert les portes de sa communauté.
Vivre dans une communauté composée de cinq nationalités différentes a également été un défi non négligeable. Comme l’a déclaré le pape François:« De nombreuses communautés religieuses sont aujourd’hui de véritables laboratoires d’interculturalité». Après dix mois et à titre d’évaluation finale de ce parcours, je voudrais partager certains éléments qui ont fait de cette période de ma vie un temps de grâce.
Je souligne tout d’abord que cette expérience m’a aidé à mieux intérioriser la spiritualité montfortaine, grâce notamment au fait de vivre en contact direct avec certains des lieux les plus significatifs où le Père de Montfort a séjourné et prêché. Le fait d’avoir travaillé au nettoyage et à l’entretien des lieux montfortains, avec le groupe des bénévoles, m’a permis d’incarner davantage la spiritualité, de la faire descendre de la connaissance au cœur, ce qui est toujours le plus difficile. La possibilité de célébrer l’Eucharistie dans les églises où Saint-Louis-de- Montfort a prêché, telles que Pontchâteau, Missillac, Crossac, Sainte-Reine-de-Bretagne, Saint-Roch, Besné, Saint-Guillaume, Sainte-Anne-sur-Brivet, noms parmi tant d’autres qui parlent beaucoup aux Missionnaires Montfortains, m’a également encouragé à grandir en plus grande communion avec notre fondateur.
Vie communautaire, interculturalité et mission partagée
Ce temps m’a permis de participer aux différents événements annuels qui sont déjà une tradition en France, organisés par la Vice-Province, notamment le Pèlerinage Montfortain à Lourdes, la Marche Montfortaine et la retraite annuelle de la Vice-Province. Ce sont des moments uniques de formation, à travers une expérience spirituelle très concrète – la géographie inspire le chemin spirituel – en contact direct avec une organisation dirigée par des laïcs, qui fait référence en France. Ces trois événements m’ont aidé à découvrir la richesse du charisme et de la spiritualité montfortaine, et à observer comment elle est partagée par tant de personnes. Il est inspirant pour notre Congrégation de voir comment, à travers la musique, on peut continuer à donner vie aux textes du Père de Montfort.
Ma présence dans la communauté m’a permis d’aider mes confrères dans la célébration des messes, le sacrement de la réconciliation, les dialogues personnels, de m’insérer dans les rituels de la vie communautaire, au service d’une communauté religieuse qui l’a demandé, même si ce n’était que ponctuellement; cela m’a également permis d’effectuer un travail manuel dans le potager et le jardin, ce qui, à mon avis, est également une richesse pendant ce temps.
Une communauté internationale nous met au défi de grandir dans l’ouverture à l’autre et dans le partage de la spiritualité montfortaine, même lorsque l’on appartient à des congrégations différentes. Il n’est pas moins important de reconnaître que la présence d’un missionnaire venu de l’étranger, même temporairement, facilite le remplacement des confrères lorsqu’ils doivent s’absenter, que ce soit pour prendre des vacances ou en cas d’imprévus. Je remercie Dieu pour les beaux moments vécus en communauté et mes confrères pour m’avoir accueilli si généreusement et m’avoir aidé à cheminer avec eux. Cela en valait la peine!
Je tiens à souligner le travail accompli avec un groupe de bénévoles, un jour par semaine, pour l’entretien du parc entourant le Calvaire de Pontchâteau, comme étant très stimulant dans le cheminement montfortain. Les laïcs sont aussi nos maîtres, même s’ils ne partagent pas toujours les mêmes valeurs spirituelles.
Grandir dans la langue française, le silence et la liberté intérieure
Une expérience de formation et de mise à jour spirituelle dans un pays étranger pose de nombreux défis qui nous font grandir. Nous pouvons approfondir notre connaissance de la langue – ce qui n’est pas sans importance puisque Montfort a écrit en français – langue que j’avais «abandonnée» à l’âge de 17 ans et que je viens seulement de reprendre ; surmonter la peur de l’erreur et avoir un esprit plus ouvert pour mieux connaître l’âme du peuple, sa sensibilité humaine et spirituelle. La langue n’est pas tout, mais elle contribue à nous faire connaître et aimer la riche culture et la spiritualité d’une nation. J’ai pu compter sur l’encouragement et la compréhension du peuple de Dieu, de mes confrères de la communauté et des personnes qui ont corrigé mes homélies. Même sans cours formels de français, on peut tout de même apprendre beaucoup dans un pays qui n’est pas le nôtre, à condition de laisser son esprit s’interpeller par le pays d’accueil et de savoir profiter de l’occasion pour partager la richesse que chacun possède. Je ne juge pas le résultat de ma communication – si mon français était souvent «barbare», je pense que l’esprit était bon; je suis reparti enrichi par le témoignage des personnes que j’ai rencontrées en France.
Enfin, et ce n’est pas le moins important, il y a tout un travail personnel qui se fait dans le silence de la journée: lectures, approfondissement de la spiritualité montfortaine; sur ce point, les dialogues et les suggestions de lecture de Frère Jean Friant, supérieur général émérite FSG, m’ont beaucoup aidé, et je lui en suis profondément reconnaissant. Il convient également de souligner le temps consacré à la préparation des homélies, en plus de la prière personnelle, dans le but de toujours bien utiliser le temps. Comme on peut le constater, je n’ai pas beaucoup voyagé pour découvrir tout ce que la France a à montrer au monde, à tous les niveaux. Ce fut une année sabbatique, je crois, peu coûteuse, mais néanmoins marquante.
Pour réussir, cette expérience doit, à mon avis, être vécue sans se soucier des affectations futures, à assumer ou à proposer. Cette liberté intérieure est essentielle pour que la personne puisse s’immerger dans l’expérience et en tirer le meilleur parti. Nous espérons que cette expérience, vécue en première personne, sera la première d’une longue série pour les Missionnaires Montfortains, en particulier pour ceux qui sont plus jeunes que moi, prêts à un congé sabbatique en France, période marquante de formation et de passion pour la spiritualité montfortaine. Tout le monde en profite: ceux qui partent, ceux qui accueillent et, au final, la mission dans l’esprit dont rêvait Saint-Louis-Marie.
Il me reste un dernier mot, que j’emprunte à un chant que les jeunes catholiques aiment chanter en France : Comment ne pas te louer Seigneur Jésus… Merci Seigneur!!!
Amílcar José ALVES TAVARES, SMM
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